La voix du nord a fait paraitre un article 4 Ans après l'incendie ce jeudi 12 mars 2009, vous trouverez ci dessous le lien direct .
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Bethune/actualite/Autour_de_Bethune/Bas_Pays/2009/03/12/article_quatre-ans-apres-l-incendie-l-abbaye-sur.shtml
dont voici le contenu ci dessous
Quatre ans après l'incendie,
l'abbaye survit dans les livres
jeudi 12.03.2009, 04:50 - La Voix
du Nord
L'abbaye Saint-Jean des Prés peinte vers 1610 sur les albums du prince de Croy.
CHOCQUES
Sa photo ornait affiches et
dépliants de la chambre de commerce pour faire la promotion du Vert pays d'Artois. Pourtant, bien peu avaient eu l'occasion d'admirer le château de briques aux coins de pierre ravagé par le feu
voilà quatre ans. Connu sous le nom d'abbaye de Chocques, il était bien plus jeune que les murailles de l'ancienne abbaye féodale dont le mur d'enceinte en cachait la vue aux passants.
Pour la plupart des habitants de
l'agglomération, le nom de l'abbaye de Chocques est associé à une distillerie dont il reste la cheminée. Elle avait été créée avant la guerre de 14-18 par Louis Campion, industriel à Béthune où
il avait fondé la première margarinerie de la ville. Louis Campion destinait sa propriété de Chocques à son fils aîné Alfred. Celui-ci a été tué à la guerre. Le cadet, Pierre, s'est fait
distillateur. Des producteurs de betteraves des environs venaient lui livrer les tombereaux de tubercules pesés sur une bascule.
Pierre Campion exploitait aussi
les champs, vestiges de l'immense propriété foncière de l'abbaye féodale. Un peu plus tard, l'abbaye de Chocques allait devenir la raison sociale d'une entreprise de plasturgie, produisant des
pièces moulées pour l'aéronautique et pour la SNCF qui a déménagé dans le quartier Saint-Sauveur.
Avant les Croisades
L'abbaye était bien plus ancienne
que le bâtiment qui a brûlé en 2005. Et même que ceux qui sont représentés sur la gouache ci-contre peinte au début du XVIIe siècle pour les albums du prince de Croy, où se distinguent un
monastère et une église aujourd'hui disparus. Elle a été fondée avant les Croisades.
Selon la chronique, au début du
XIe siècle, deux prêtres, Arnoult et Eurémar, étaient venus planter leur tente sur un terrain octroyé par le seigneur de Béthune, Robert Ier dit le Fosseux. En ces temps reculés, le nom du bourg
s'écrivait Cioka, Chokes ou Choquensis. En 1029, un raid de Normands continuant à vivre à la mode des Vikings l'avait complètement dévasté. Après le pillage, Arnoult et Eurémar sont allés
construire leur monastère sur une autre terre offerte par le comte de Flandre, Baudouin de Lille.
Les diverses péripéties de
l'histoire mouvementée de cette abbaye occuperaient tout un livre. On en retiendra qu'au Moyen Âge, les moines ont défriché des terres, asséché des marais, planté de la vigne pour récolter le
raisin nécessaire au vin de messe. Sur le cadastre de la commune, on lit toujours le nom d'un lieu-dit appelé « Derrière la vigne ».
Avant la Révolution, qui l'a
abattue, l'abbaye de Chocques était une puissance féodale. Elle percevait des dîmes dans de nombreuses paroisses à la ronde, de Lapugnoy à Mont-Bernanchon, de Calonne-Ricouart au Doulieu en
Flandre. Il s'agissait d'une partie de la récolte de blé ou d'autres céréales mais aussi des foins, des animaux (la dîme du sang), de la récolte des mouches à miel.
Les contribuables de l'abbé, selon
une expression inusitée à l'époque, versaient leurs impôts en nature, ce qui l'obligeait à posséder des granges pour les stocker. Il lui fallait ensuite les vendre ou les faire vendre. Un
inventaire dressé en 1788 énumère huit chevaux dans l'écurie, quinze vaches, trois génisses et un taureau dans l'étable aux vaches, quinze porcs, etc. Cette année-là, l'abbaye comptait treize
religieux en ses murs, cinq dans les cures extérieures et prévôtés, deux « dont l'esprit se trouve aliéné ». •
VOS COMMENTAIRES